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La politique européenne de sécurité et de défense (PESD)
Dans le cadre de la Politique étrangère et de sécurité commune, l'Union européenne s'est dotée d'une politique de sécurité et de défense commune. La PESD n'affecte cependant pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains états membres, de même qu'elle est compatible avec la politique menée dans le cadre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Le Conseil européen de Cologne en juin 1999 a placé au coeur du renforcement de la politique européenne commune de sécurité et de défense les missions de gestion des crises (missions de Petersberg), du nom du lieu où s'est tenu en juin 1992 le conseil ministériel de l'Union de l'Europe occidentale (UEO) qui a défini ces missions.
Il s'agit de missions humanitaires et d'évacuation, de missions de maintien de la paix et de missions de forces de combat pour la gestion des crises, y compris les missions de rétablissement de la paix. Le Conseil européen a déterminé qu'à cette fin l'Union doit disposer d'une capacité d'action autonome soutenue par des forces militaires crédibles, avoir les moyens de décider d'y recourir et être prête à le faire afin de réagir aux crises internationales, sans préjudice des actions entreprises par l'OTAN.
Chacun des Conseils européens successifs a progressivement donné corps à cette volonté de doter l'Union d'une capacité d'action autonome dans la gestion des crises internationales, là où l'OTAN en tant que telle n'est pas engagée, et tout en respectant les principes de la Charte des Nations Unies et en reconnaissant les prérogatives de son Conseil de Sécurité.
Ainsi, le Conseil européen d'Helsinki en décembre 1999 a fixé l'objectif global en termes de capacités militaires. Il s'agit pour l'Union d'être en mesure en 2003 de pouvoir déployer, dans un délai de soixante jours et pendant au moins un an, jusqu'à 60.000 personnes capables d'effectuer l'ensemble des missions de Petersberg. Il y a lieu de souligner que la réalisation de cet objectif n'implique pas la création d'une armée européenne, car l'engagement et le déploiement de troupes nationales se fait sur la base d'une décision souveraine prise par les états membres.
Le Conseil européen de Nice a décidé de créer au sein du Conseil des nouvelles structures politiques et militaires permanentes pour assurer le contrôle politique et la direction stratégique des crises, à savoir un Comité politique et de sécurité et un Comité militaire. En outre, le Secrétariat du Conseil compte à présent en son sein un état-major militaire, composé d'experts militaires détachés par les états membres, sous la direction militaire du Comité militaire qu'il est chargé d'assister.
L'Union a en outre défini les arrangements qui permettront la participation de pays tiers (les états européens membres de l'OTAN ne faisant pas partie de l'Union et d'autres pays candidats à l'adhésion à l'Union) et d'autres partenaires potentiels à la gestion militaire des crises par l'UE.
L'Union a également décidé de développer les aspects civils de la gestion de crises, dans quatre domaines prioritaires définis par le Conseil européen de Feira: police, renforcement de l'état de droit, renforcement de l'administration civile et protection civile. Les travaux se poursuivent en vue de mettre en oeuvre les objectifs fixés en matière de police (les états membres devant être en mesure de fournir, en 2003, 5.000 policiers pour des missions internationales, dont 1.000 à déployer en moins de trente jours) et de fixer des objectifs spécifiques liés au renforcement de l'état de droit.














